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 L'âme vagabonde qui n'avait besoin de personne PV Maata

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Abe Yukio

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MessageSujet: L'âme vagabonde qui n'avait besoin de personne PV Maata   Sam 3 Nov - 21:34

Aucune lumière ne perçait la pièce. Çà et là gisaient sur le sol des vêtements. L’unique fenêtre de la chambre était couverte par d’épais volet grisâtre. Peu de chose se trouvait en ces lieu autre qu’un lit et un bureau. Ce n’était peut-être pas un problème de moyen mais plus de motivation. Il y avait quelques photos aussi, glisser dans des portraits dont une en particulier, dans un cadre à l’intérieur d’une « fente carré » dans le mur où il avait collé son bureau et posé son ordi. A coté se trouvait une bougie, seule source de clarté des lieux. Il y avait également des écouteurs et autres babioles utiles ou non au milieu de la pièce ainsi que des ordonnances froissées au pied de la chaise de bureau.

Il se retourna brusquement dans son lit, les muscles raidis et le souffle court, une main sur son front, l’autre qui cherchait sur sa table de nuit les somnifères. Il les attrapa avant de constater qu’il n’en restait plus une seule. Il plissa ses yeux de félins, dans un grognement rauque. Chaque soir c’était le même refrain, il en prenait encore et encore jusqu’à tomber raide, complétant en journée avec d’autre médicament. Stress aigu ou trouble post-traumatique. Après ce qu’il lui était arrivé il y a environ un an… après ce qu’il avait fait… C’était peut-être normal. Non. C’était leur faute. Il n’avait rien à se reprocher. Rien du tout… Il y a de cela moins de trois mois, il avait ingéré trop de ces médicaments et en avait fait une overdose. Il se demandait lui-même s’il n’avait pas un peu fait exprès.

Il s’assit sur son lit, ses coudes sur ses cuisses, le menton appuyé sur les paumes de ses mains. Il agita la queue, agacé, ouvrit le tiroir de sa table de nuit pour y déterrer quelque chose… comme une forme de détresse qu’il dissimulait toujours avec soin hors de sa maison… Il se saisit simplement d’un cachet pour le mal de tête. Il soupira, déçu et s’en empara tout de même, en en avalant deux à l’aide de son verre d’eau qu’il remplissait chaque soir. Son réveil affichait 2h23 du matin et il était incapable de dormir… La nuit allait être longue. Nouveau soupire. Comment avait-il pu à ce point manquer de nécessaire…

Il se leva, vacillant pour partir se doucher. De l’eau froide. Glacial. Il ferma les yeux. S’il pouvait mourir noyer, ce serait bien… Mais ça n’arrangerait rien. Les choses n’iront jamais mieux. Le sort s’était simplement acharné sur lui… il…il avait été irréprochable… les dieux le punissaient à tort. Il sortit en vitesse, passant devant son miroir. Fort heureusement il n’avait jamais été très sujet aux cernes mais cela se voyait qu’il n’était pas très… bien. Il s’habilla et enfila son manteau à capuche.  Il ne sortait pas en journée, c’était soit le soir, soit le matin tôt. Afin de croiser le moins de monde possible, qu’on le laisse tranquille. Il sortit à pas de chat, furtivement.

Il faisait entièrement nuit et un peu froid. Il rabattit sa capuche sur sa tête, main dans les poches, il marcha. Il ne sait combien de temps il déambula seul pour rejoindre le parc. Il bondit sur un muret, trottinant en équilibre dessus, ses yeux rougeoyants, brillant sous l’éclat mal éclairé des réverbères. Au bout du muret, il s’assit, pensif mais aussi parce qu’il était fatigué et il avait toujours l’impression d’avoir mal à la tête. Il se sentait un peu… vidé et fatigué. Dans un ultime espoir, il fouilla la poche de son manteau et avec victoire il en ressortit une plaquette quasiment vide de Valium. Il en sortit un. N’ayant pas d’eau sur lui, il l’avala à la hâte avant de s’étouffer, il toussa en se tenant la poitrine, la respiration lui manquait. Dans un ultime effort il sortit de l’autre poche son couteau qui le quittait rarement, le serrant d’une poigne de faire. Il se calma du mieux qu’il put. Non. Il ne se suiciderait pas. Il eut un mince sourire dédaigneux alors que la lumière du parc faisait d’avantage ressortir son teint blafard qui avait perdu son éclat depuis quelque temps.

En réalité il n’avait pas sorti l’arme blanche pour s’ouvrir les veines, rassurez-vous. Ses oreilles s’agitèrent entendant clairement le bruit de pas. Son ouïe étant bien évidemment excellente, tout comme ses yeux qui ne craignait pas la nuit. Le fond de ses yeux perçants était comme un miroir, reflétant la lumière vers sa rétine, des capteurs à l’intérieur, ultrasensible à la moindre lueur lui permettant une vue affuter la nuit. Il parcourut du regard le parc, toujours sur son perchoir avant d’être repris d’une quinte de toux. Il pesta, se maudissant intérieurement avant de se redresser quelques instants plus tard. Il descendit de son mur, chancelant. Se dirigeant à pas de velours vers la provenance du bruit que ses oreilles aiguisées avaient entendu. C’est ainsi qu’avec méfiance et prudence il avança sur le chemin mais après sa marche qui ne dura pas bien longtemps, le regard un peu trouble, il s’adossa à l’arbre le plus proche en fulminant. Il se reposa ainsi, plusieurs minutes alors qu’il entendait le son se rapprocher un peu. Ses yeux réduits à deux fentes se posant sur une forme dans la pénombre à une vingtaine de mettre de là. Un humain, surement. Il n’en était pas sûr, les effets secondaires de certains médicaments avaient alourdi ses sens. Il serra plus fort le couteau qui lui semblait, d’un coup, peser trois tonnes. Il ne bougea pas. Comme figer, tel un chat aux aguets, le regard posé de manière insistante sur la forme qui se découpait dans la pénombre du parc.

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MessageSujet: Re: L'âme vagabonde qui n'avait besoin de personne PV Maata   Dim 4 Nov - 19:57

[23:36]YouGoodImBetter : Sale noob.
[23:36]YouGoodImBetter : Où t'as appris à jouer ??


2 jours.

Cela faisait 2 jours que Maata enchaînait les parties sur Super Moba III, le jeu-vidéo qui occupait le plus clair de son temps depuis qu'il avait arrêté les études. Au total, le jeune homme n'avait dormi que trois heures, heures durant lesquels il s'était assoupi, plutôt qu'endormi... Si lui n'avait aucune limite quant à la quantité de "pixels qu'il pouvait ingérer", ce n'était pas le cas de son esprit, qui n'avait pas encore capitulé, heureusement.

La concentration du jeune adulte était au plus bas et cela se ressentait directement sur la qualité de ses parties : Depuis peu, il enchaînait les défaites.

[23:37]Novaismycity : calme mec c kun jeu, lol

À la lecture de ces mots, le sang du rouquin ne fit qu'un tour... Cette réponse décontractée et pleine de désinvolture, il l'avait tant entendu... C'était celle qu'il détestait le plus. Ces sous-êtres, qui jouaient pour l'amusement, n'étaient pas même digne de respirer aux yeux du très fair-play : "YouGoodImBetter".

(Ras-le-c** de ces amateurs... marmonna-t-il en tapant furieusement sur son clavier.)

Alors qu'il s'apprêtait à envoyer, la plus cinglante des flèches virtuelles à son interlocuteur, son équipement électronique s'éteignit d'un coup.

« ... S-Sérieux...? »

Le pauvre appareil, venait de rendre son dernier grésillement...

Sans le bruit de fond du ventilateur de l'ordinateur, un lourd silence inonda la pièce... Maata se rendit compte qu'il était dans le noir total et qu'il faisait nuit. L'étudiant resta un instant figé, devant l'écran noir de son PC. Il se retint d'envoyer un coup de poing à travers son ordinateur, évitant probablement de se ravager la main par la même occasion et décida de sortir de chez lui. Il ne voulait pas rallumer sa lumière et voir l'état de son appartement, qu'il n'avait pas rangé depuis des mois. Pour aller aux toilettes, il enjambait des objets et parfois même de la nourriture... Il se disait que tant que ça ne puait pas, ça ne devait pas être urgent.

Il se mit du déodorant et goba un chewing-gum, au cas où il croiserait une connaissance. Le jeune adulte attacha ses cheveux avec un simple chouchou puis enfila son seul manteau avant de prendre la route.

En sortant, il prit l'initiative d'ouvrir sa boîte aux lettres et celle-ci, pleine à craquer, se déversa sur lui.

« Génial... Qu'est-ce qu'ils comprennent pas dans "PAS DE COURRIER", bordel. »

Il continua de pester intérieurement et pris un document au hasard. C'était le journal de la veille, qui avait en Une, le fameux message divin qui était apparu dernièrement. Maata marmonna en ricanant :

(Hmpf. J'espère que ça vient vraiment de Lapis et qu'il va nettoyer cette planète.) Son sourire disparu et il ajouta, comme pour se justifier au cas où on l'aurait entendu : « Il y'a vraiment trop de criminels... »

...

IllustrationRP

Le ciel était des plus sombres et la nuit sans étoile. Ichi Maata errait tête baissée, dans le Gigantesque Parc de Nova. Il comptait sur l'heure et la taille démesurée de cet endroit pour rester dans la solitude, au moins pour ce soir. Il repensait avec colère, à sa dernière conversation. Le rouquin vouait une haine viscérale aux gens aussi détendu... La vie semblait si simple pour ces "idiots"...

« Quel abruti ce mec... I- Le jeune homme se retourna en sursautant. Instinctivement, il avait eu la sensation qu'il était observé et d'un seul coup, son côté paranoïaque et asocial effaça son être. Y-Y-Y'a quelqu'un ?! Excusezmoisijevousaidérangé...! J'allaispartir ! »

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MessageSujet: Re: L'âme vagabonde qui n'avait besoin de personne PV Maata   Lun 5 Nov - 15:29

Les yeux du jeune Neko se rétrécirent alors qu’un grondement sourd et plus animal qu’humain s’échappait du plus profond de sa gorge. Il n’aurait pas dû se rapprocher. Comme un instinct prédateur, il n’avait pu s’en empêcher. Il n’aurait pas dû sortir. Mais s’il était resté, il le savait, il aurait démoli sa porte par frustration. Prendre l’air était le meilleur moyen de préserver sa maison de son impulsivité. Puis, ça devait bien faire deux jours qu’il n’était pas sorti, en plus. Il fallait…il fallait que tôt ou tard il se reprenne en main.

Il essaya de bouger un peu en tentant d’attirer le moins possible l’attention de l’intrus. Une main devant sa bouche alors qu’une nouvelle quinte de toux le prit. Il se redressa du mieux qu’il pouvait, humant l’air frais. Il confirma sa pensée. Un humain. Qu’est-ce qu’un humain venait faire ici ? Une grande méfiance s’empara de lui. Il devait être bien sûr de lui et peut-être dangereux après tout… Il devait le prendre par surprise et le finir avant qu’il ne le trouve. Il fit un pas hésitant, le couteau bien en main avant de se figer.

Il avait parlé. Malgré la bonne distance qui les séparait il entendit très clairement ses paroles hésitantes. Il pencha la tête sur le côté, perplexe, D’un geste furtif, il rangea l’arme dans sa poche. Yukio savait à présent que l’humain l’avait repéré, pourtant il n’avait pu ni le sentir… ni l’entendre… ni le voir… pauvre bête dont les sens ne servaient à rien, tel un chaton aveugle à la naissance. Ses oreilles pivotèrent avec attention alors qu’il hésitait à bouger. L’autre en revanche semblait vouloir quitter les lieux au plus vite, peu serein de se sentir épier sans savoir par qui… surement. Il vacilla de nouveau. Ce serait la honte que quelqu’un puisse le voir dans cet état mais en même temps, il était un peu curieux.

Après un long soupire, il fit quelque pas dans la direction de l’inconnu, l’observant attentivement de ses yeux félins, il le contourna avec soin pour un effet de surprise. Habilement et à pas de chat, il s’avança discrètement, dévorant mètre après mètre pour se retrouver qu’à cinq pas de l’humain qui, désormais, était dos à lui, lui permettant de l’évaluer. Un rouquin au cheveux long, c’est plus ou moins ce qu’il en retient. Plutôt grand et terrorisé. Il fouetta l’air de sa queue en levant les yeux au ciel.

Il se canalisa le plus possible pour ne pas passer ces nerfs sur ce pauvre qui semblait n’en mener pas large. Il respira doucement, sentant à nouveau le souffle lui manquer et l’équilibre le quitter. Un instant, il hésita sérieusement. Il ferait mieux de partir. Sa curiosité devait être assouvi. Il l’avait vu. Maintenant… qu’il quitte les lieux… Pourtant… il fit l’inverse. Sans bruit il s’avança et lança dans le dos de l’autre avec un mouvement de main, désinvolte :

- Y-Yo, l’humain…

Il le percevait plus nettement à présent, ses yeux de chats, plantés sur l’autre avec dédain mais hésitation aussi. Est-ce que ça se voyait qu’il n’était pas bien ? Ou peut-être que dans la nuit il ne verrait rien… Après tout ce n’était qu’un faible petit humain. Yukio n’avait jamais eu beaucoup de respect pour quelqu’un, encore moins si ce quelqu’un n’était pas de sa noble race.

Cependant, aujourd’hui comme les jours précédant depuis quelques temps, il se sentait bien plus vulnérable que quiconque… Lui, d’ordinaire si arrogant se sentait perdu, faible et droguer par une tonne de médicaments dont certain qu’il prenait plus par habitude que par nécessité. C’était limite s’il ne lisait plus la notice écrit sur les flacons et les plaquettes. Il était tombé bien bas ses temps et maintenant le simple fait de se retrouve en présence de cet homme le laissait sur ses mots… Il avait senti un peu plus loin, ainsi que dans les paroles de l’inconnu qu’il devait être surement aussi effrayé que lui. Mais pour lui ça ne lui ressemblait pas, lui d’origine si sur de lui et qui pouvait se monter si sournois, le voilà comme un imbécile. Il voulait montrer à cet individu qu’il n’était pas une menace, ses oreilles bien droite et sa queue se balançant faiblement de droite à gauche.

Il respira doucement, sentant son corps entier trembler légèrement. Son instinct de prédateur le savait, il ne devait surtout pas paraitre faible… Il passa une main dans ses cheveux blanc, sachant qu’il devait ajouter quelque chose. Il avait vraiment l’impression de n’avoir parlé à personne depuis des jours…

- Je… hum… je vais rien te faire, hein… Marmonna-t-il, sa queue s’agitant plus fort, nerveux. Ses pupilles rouge se dilatèrent, je voulais pas te faire peur, je pensais juste que… tu étais une personne mal intentionné mais.. tu en as pas l’air. Il prit un air hautain, malgré la fatigue, esquissant un sourire en coin, montrant avec toutes les forces qu’il lui restait, sa volonté de ne pas créer de conflit. Pas cette fois. D’habitude oui, mais pas cette fois. Et comme s'il craignait qu'un blanc ne s'installe et que l'autre se mette à poser des questions sur son état, à tout hasard, il demanda, Mais que fais-tu ici seul à cette heure tardive, l'humain ?

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MessageSujet: Re: L'âme vagabonde qui n'avait besoin de personne PV Maata   Dim 11 Nov - 10:00

Des animaux.

Dégoûté par les gens, blasé par le monde et démotivé par la vie, c'est par cette appellation plutôt péjorative que Maata désignait ses semblables. Il était probablement mal vu d'appeler ainsi un originaire de Furtopie... Ce raccourci, pas tout à fait faux mais pas tout à fait vrai non plus, rappelait qu'ils avaient des cousins, complètement dénués de parole et de raisonnement ─ au niveau zéro de la vie : la vie sauvage.

En l’occurrence, ce n'était pas un chat mais un neko de Furtopie, qui venait de faire sursauter Maata, en le saluant dans le dos. Heureusement, le roux retint un cri ─ de justesse. Pour un chat, celui-là n'était pas très propre... Il semblait avoir dormi dans les buissons qu'il avait quitté. Son visage témoignait d'un grand manque de sommeil, probablement causé par les souvenirs... les souvenirs des atrocités qu'il avait commis... aux suicidaires qui s'aventuraient seul dans un parc... en pleine nuit...

L'humain ravala difficilement sa salive.

*gloups*

Le rouquin essayait au maximum de ne pas montrer sa peur et son effroi devant ce physique d'hybride plein de promesses. Cette personne était probablement bien plus rapide et forte que lui mais il ne semblait pas complètement écervelé et c'était une chance : Les seules armes de Maata étaient ses mots, enfin, lorsqu'il n'était pas stressé comme un coupable.

...

Évidemment, dans son effort de calme, Maata n'entendit pas un mot de son interlocuteur, juste un bruit de fond.

« J-... Je n'ai rien de précieux. Je suis qu'un simple étudiant fauché, j'ai même pas de quoi me payer l'eau...! »

Il se risqua ensuite à entamer une discussion, pour rappeler à cet homme, probablement ivre du sang de ses victimes, l'humanité qu'il restait en lui. Dire qu'il ne sortait jamais... Décidément, la vie ne lui laissait aucune chance.

« T'as l'air fatigué... Qu'est-ce que tu fais dans la vie...? »

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MessageSujet: Re: L'âme vagabonde qui n'avait besoin de personne PV Maata   Lun 12 Nov - 23:54

L’âme sauvage et insatiable qu’il était se retrouvait face à une proie. Le Neko qu’il était se voyait en plein combat intérieur entre un animal face à une proie au bord de l’arrêt cardiaque ou l’homme en lui qui faisait face à un jeune homme qui craignait pour sa vie dans un parc au beau milieu de la nuit. Le besoin de satisfaire ses besoins les plus primaires comme l’instinct du chasseur le tiraillait au plus profond de ses entrailles tel un grand fauve, tapis dans l’ombre dans l’attente d’une excitante poursuite. Mais l’humanité en lui, raisonnable et hésitante qui freinait tous ses désirs de destructions, l’obligeait à se conduire de manière plus civilisé… Rendant le jeune Neko instable et imprévisible. Un humain qui souffrait cherchait du soutient. Un animal qui souffrait cherchait à mordre. Venir d’un mélange de deux espèces n’était pas qu’un gros rassemblement des avantages des deux : Il n’obtenait pas que l’agilité, les sens affutés et la combattivité d’un animal et l’intelligence humaine. Il prenait également les défauts, comme le fait de ne pas lâcher une proie avant la mise à mort… Tout s’embrouillait dans sa tête, d’autant plus qu’il se trouvait là, droguer aux médicaments, sans reperd, dans une impasse de la vie, sans but et en bien piteux état.

Ses oreilles étaient rabattues sur le côté à présent. La peur était le sentiment le plus étouffant, il en eut presque du mal à respirer de l’air frais et neutre. Cet homme semblait tétanisé. Comme les animaux qui pouvaient simuler une mort parfaite pour éviter toute confrontation, ce mécanisme de défense se nommait Thanatose, les opossums l’utilisaient par exemple à merveille. Cela évitait à merveille d’attirer un prédateur et de chercher à le désintéresser totalement en mimétisant la mort. Mais il n’était pas qu’un simple animal et cet homme, pas qu’une simple proie. Il craignait de ne pouvoir avoir une conversation normale avec l’inconnu qui semblait aussi doué en parlote que lui.

Il regretta d’être sorti de chez lui. La réaction de cet individu de race inférieur le dépassait complètement. Si seulement il sortait plus, il aurait appris à mieux se contrôler… Si ses parents ne l’avaient pas autant gâté et ne l’avaient pas laissé faire ce qu’il voulait, il aurait appris au lieu d’être si capricieux… Oui.. Tout était de leur faute. S’il n’avait su maitriser ses instinct… c’était la première chose qu’on apprenait à un hybride, rester maitre de soi. Contrôler ses émotions car si on ne le faisait pas, l’instinct s’en chargeait… un peu comme un mode… un pilotage automatique.
Yukio tentait de dissimuler son agitation alors que l’autre essayait de dissimuler sa peur mais ce n’était qu’une simple apparence, l’odeur du sentiment de frayeur extrême était plus forte que jamais et venait lui taquiner le nez. Il se sentait totalement dépassé, ouvrant sa bouche pour essayer de rajouter quelque chose, un mot qui ressemblerait à quelque chose de rassurant. Il se mordit la lèvre pour se calmer, ses crocs plus pointus et aiguisé qu’une être humain ne tardèrent pas à le faire saigner, le gout métallique se déversant dans sa gorge. Devait-il ajouter quelque chose.. ? Il pesa ses mots avec soin mais l’autre lâcha à sa plus grande surprise :

- J-... Je n'ai rien de précieux. Je suis qu'un simple étudiant fauché, j'ai même pas de quoi me payer l'eau...!

Tombant de très haut, Yukio resta là, les bras ballant en observant son interlocuteur de ses yeux rouges et brillant. Il ne fallait pas avoir fait physique nucléaire pour se rendre compte que ce garçon ne semblait pas prêt à l’écouter, renfermé dans une terreur qui chassait tout sentiment raisonnable. Une forme de léthargie dont il ne semblait pas prêt de sortir, persuadé avant de le connaitre, qu’il avait affaire à un psychopathe sanguinaire assoiffé de destruction. Il avait beau ne pas être un ange, il n’avait rien avoir avec un monstre non plus.

Et s’il faisait si peur que ça.. ? Si l’autre ne voyait qu’en lui un chat sauvage sans regarder une seule seconde l’humain qu’il était.. ? Un instant, le jeune Neko sentit son amour propre en prendre un coup. Et s’il ne dégageait qu’une aura bestiale.. ? Il recula d’un pas. La réalité était toujours dur à encaisser. Il aurait du être un humain. Ou un chat. Pas les deux. Comment les gens pouvaient-ils savoir comment se comporter avec une telle double personnalité ? Comment les autres Neko se débrouillaient-ils.. Il n’en avait jamais discuté avec personne, trop occupé à penser à sa petite personne.

-T'as l'air fatigué... Qu'est-ce que tu fais dans la vie...?

Il planta son regard insistant et félin dans celui empli d’humanité du rouquin. En effet, il ne semblait pas l’avoir écouté mais au moins c’était-il un peu calmé… Il se détendit donc quelque peu mais à présent, mal à l’aise par sa question. C’est ce qu’on pouvait appeler « mettre les pieds dans le plat ». Il inspira légèrement pour garder son calme. L’autre semblait avoir posé naïvement sa question, intrigué ou cherchant juste un moyen de détourner son attention… Il se sentit décidément de plus en plus vexé.

Comment lui dire qu’il ne faisait rien depuis quasi un an ou plus… il ne comptait même plus, à se gaver de médoc’ dans une chambre plongé dans l’obscurité après avoir conduit sa sœur à la mort et dirigé sa famille vers une rupture des plus dramatiques… Aujourd’hui il en souffrait affreusement et il avait honte de lui.. de ce qu’il était. Il passa une main lasse dans ses cheveux, ses mots lui manquant à nouveau. Yukio recula d’un pas.

- Je… J’ai mal dormi la nuit passé… et cette nuit… le sommeil a fui alors.. je me promène. Actuellement… je ne fais rien… je vis sur l’héritage de mes parents…

Un silence gênant s’installa, il se racla la gorge, agitant les oreilles et demanda presque timidement :

- Au fait. Mon nom c’est Yukio… et toi ? Ah… Et que fais tu ici, toi aussi…

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